« Heurtebise » est son nom d'artiste.

Elle naît en Haute-Savoie, entre la puissance des montagnes et la douceur de son lac. C'est certainement cette nature riche qui lui donne l'envie d'en savoir plus sur le monde vivant, sous toutes ses formes : approche scientifique et approche créatrice.

Après ses études à Lyon, ville dont on oublie trop souvent qu'elle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, elle revient en Haute-Savoie en 1993 où elle commence de manière immédiate à sculpter la terre.

Son envie est d'exprimer ce qu'elle voit et ce qu'elle ressent : c'est de l'ordre de l'urgence. En 2005, elle laisse parler ses mains qui ont tant touché la vie.

Après s'être concentrée sur la maîtrise technique, elle se libère et se concentre sur la création pure.

Aujourd'hui, dans son atelier situé entre deux rives, deux lacs, elle se concentre sur ses inspirations qui toujours nous sont données avec une générosité rare.

 

Et si vous lui demandez : « Mais qu'est-ce qui vous inspire ? » ; elle répond :

« Tout, quand cela me touche : pays, culture, Histoire, formes, légèreté des courbes... J'aime la matière de la terre si proche, si chaleureuse et pourtant intrinsèquement indépendante. »

 

Je sculpte depuis la fin de mes études. Pas d'Ecole des Beaux-Arts, mais des rencontres avec des artistes et l'envie de sentir à travers mes doigts la mémoire en relief, l'expression, l'émotion : plaisir des doigts mais aussi de la vue, dans une recherche continuelle de création et l'envie de faire partager cette palpation.

 

J'utilise plusieurs matières, dont la céramique et le bronze en passant par une  fonderie d'Art.

Pour les sculptures, les pièces fines en terre, je joue du temps de séchage pour leur donner un éclat et un relief. Toutes sont en faïence ornées de patine colorée, avec un goût prononcé pour la finesse d'un détail afin de créer une intensité et une douceur.

Un peu de modelage parfois. Je finis dans ce cas soit par une patine façon bronze qui accentue les courbes, les mouvements, l'expression ou soit par  la réalisation d'un  bronze en fonderie  en jouant sur la lumière que peuvent m'amèner toutes les nouvelles patines réalisables.

Puis, j'ai mon yoga qui est le Raku. C'est une technique ancestrale japonaise qui utilise les émaux, cuits deux fois, avec une dynamique de chocs thermiques. La seconde cuisson demande une terre différente. Après avoir sorti les pièces d'un four chaud entre 950°C et 1000°C, on les plonge ensuite dans des bacs refroidissant avant de modeler l'ensemble par des procédés anciens. Ce travail, minutieux, n'en est pas moins surprenant : chaque pièce est une naissance qui a demandé un certain lâchez-prise. »Quand le raku fier et indomptable rencontre le tempérament de l’artiste pour former une création vive et chaleureuse: c'est magique . Les émaux viennent surligner le contraste de la matière d’un éclat moiré.

 

 Lisez par vous-mêmes ces quelques phrases et voyez la générosité de cette dame qui depuis sa Haute-Savoie n'à qu'à regarder une cime pour vous emmener main dans la main, main protectrice et altruiste, dans les voyages intérieurs et imaginaires. Belle dame que cette artiste.

 

Recensée aux Cotations Drouot

Nommée depuis peu à l'Académie Européenne Arts-Lettres-Philosophie en tant que chevalier académique avec la médaille d'Argent section Arts.